Hi, I’m Manu, a biking web developer. I’ve been writing on here since June 2002 about a bunch of different topics. My favorite posts are tagged with ✪.

Why “plothole.net”? As defined on wikipedia,

a plot hole, plothole or plot error is a gap or inconsistency in a storyline that goes against the flow of logic established by the story’s plot. Such inconsistencies include such things as illogical or impossible events, and statements or events that contradict earlier events in the storyline.

This definition suits my life pretty well.

Thanks for reading!

Clavicule

Pendant une période creuse entre 2 jobs début 2014, j’ai fait du BMX quasi quotidiennement au bowl de Plainpalais. Le matin je cherchais du boulot, l’après-midi je faisais du sport. Tout ce temps, ni d’ailleurs durant l’année précédente passée comme coursier à vélo, je ne me suis jamais blessé. En mai, j’ai finalement recommencé à travailler, mais à Zurich, chez Doodle. Le plan était de crécher chez ma sœur la semaine et rentrer à Genève le week-end jusqu’à ce que je trouve un logement à Zurich. Mes critères ont été satisfaits assez rapidement, étant peu regardant sur le loyer, et j’allais donc devoir faire des aller-retours pendant 4 semaines seulement. Avec une légère complication puisqu’avant de signer pour le nouveau taff, j’avais fixé 2 rendez-vous chez le dentiste à Genève. Les 2 premières semaines ressemblaient donc à ceci:

Un déménagement entre 2 villes séparées de 275km se pointait également à l’horizon. Autrement dit, c’était assez sport. Le destin a décidé de pimenter un peu plus la chose encore en plaçant un gamin en trottinette sur ma trajectoire pendant une session de BMX au bowl de Plainpalais.

Samedi 24 mai 2014

3 semaines après avoir commencé mon nouveau boulot, et à priori 1 semaine avant mon déménagement, je me suis donc cassé la clavicule. Jusqu’ici mes épaules avaient été épargnées, contrairement à mon talon, mais un sale trottinettiste en a décidé autrement.

Chère Mobilière, …

Alex et Yoann (il me semble) m’ont amené aux HUG. On a dû attendre un bon moment, mais j’avais trouvé une position un peu crispée qui ne me faisait pas mal. Une petite radio pour constater qu’effectivement, c’est cassé, et qu’il va falloir opérer. Mais pas aujourd’hui! J’ai pû profiter de l’occasion et faire un shot tétanos.

Radio le jour de l’accident
Radio le jour de l’accident

2 heures après la chute, je sors finalement des urgences avec une bandoulière en guise de t-shirt puisque ce dernier à été sacrifié. Bandoulière qu’Alex a su mieux mettre que l’infirmière.

Troqué le t-shirt pour une attelle
Troqué le t-shirt pour une attelle

Lundi 26 mai (2 jours)

J’ai énormément galéré la première nuit pour trouver la position la moins douloureuse possible.

N’ayant pas reçu de nouvelles des HUG, je les appelle vers 13h. Ils me contactent vers 16h pour m’annoncer que l’opération sera peut-être demain.

Quand le bout de clavicule cassé te donne quand même un peu l’impression qu’il veut percer ton épaule
Quand le bout de clavicule cassé te donne quand même un peu l’impression qu’il veut percer ton épaule

Mardi 27 mai (3 jours)

A 11h30 je reçois un appel de l’hôpital pour un rendez-vous à 14h30 avec l’anesthésiste. Ça tombe bien, je viens de partir de Zurich. A 15h30 je suis admis dans ma chambre d’hôpital. L’anesthésiste dit que je dors chez moi, le chirurgien dit que je dors à l’hôpital. C’est toujours chouette quand on obtient des informations contradictoires. Je n’ai aucune idée quand je vais être opéré.

Mercredi 28 mai (4 jours)

Il est 13h15, je suis à jeun, j’ai donc super faim, et aucun signe d’une opération. A 14h finalement, c’est le départ pour le bloc.

Radio post-op
Radio post-op

J’ai un peu la quiche pendant la radio post-op, et aussi à mon retour dans la chambre. On est pour l’instant 2 personnes dans une pièce prévue pour 7. J’ai pas trop de douleurs. Katia T. m’a rendu visite dans la soirée.

Jeudi 29 mai (5 jours)

J’ai pas eu de nausée au petit déjeuner. Vers midi, Alex et Katia m’ont rendu visite. Aux alentours de 15h, je peux rentrer chez moi. Je fais l’erreur d’essayer de passer la première nuit sans médicaments. Au final, j’arrive un peu à dormir en position quasi assise.

Vendredi 30 mai (6 jours)

Je passe à la pharmacie prendre du Tramal1 et du Dafalgan2, mais me limite à la moitié du dosage prescrit: 1 cachet de chaque, matin et soir. Je dors mieux. Vive la drogue.

Samedi 31 mai (7 jours)

Je me rends au Centre Médical des Eaux-Vives (CMEV) sans ordonnance pour le changement de pansement. Le personnel de soins est surpris de mon manque d’information. C’est peut-être une fausse approche de partir du principe que le médecin te donne les informations dont tu as besoin?

Je prends encore 1 Tramal et 1 Dafalgan le matin, mais plus de Tramal le soir.

Dimanche 1 juin (8 jours)

J’avale 1 Tramal et 1 Dafalgan le matin, et rien le soir. Encore une fois c’est une erreur, et je m’autorise un demi Dafalgan à 2h30 du matin.

Lundi 2 juin (9 jours)

Pas de médocs ce matin. J’ai un rendez-vous avec un Dr. Dominguez aux HUG, mais il est absent. Personne, moi compris, ne sait pourquoi je suis là. Apparemment ce serait uniquement pour changer le pansement. Donc je n’aurais pas eu besoin d’aller au CMEV pour le faire, alors qu’on m’avait dit de faire changer les pansements tous les 2 jours. Du coup, on me file un stock de pansements à changer moi-même. On me conseille d’enlever l’attelle et de tendre un peu le bras de temps en temps, sans mettre de contrainte sur l’épaule.

Le prochain rendez-vous est fixé mardi dans une semaine pour enlever les fils. J’ai failli demander à le faire moi-même, mais comme peut-être que cette fois le compte-rendu de l’opération sera fait, je me suis dit autant passer à l’hôpital. Je pourrais enfin savoir ce qu’on m’a fait. En effet, je n’ai pas parlé à mon chirurgien depuis l’opération il y a 5 jours. Sinon je vais bombarder le chirurgien d’emails et de coups de fils.

Une infirmière me dit que je peux commencer la physio maintenant.

Le soir, je prends encore un demi Dafalgan et je passe une bonne nuit en ouvrant la bandoulière et sans avoir de dossier ni de coussin sous le bras.

Récupération du t-shirt S&M massacré par l’infirmière
Récupération du t-shirt S&M massacré par l’infirmière

Mercredi 4 juin (11 jours)

J’ai recommencé à bosser tant bien que mal.

Petit mille-pattes
Petit mille-pattes

Je suis dans mon nouvel appartement à Zurich, avec comme unique mobilier un matelas. J’ai un peu peur de passer une sale nuit, sans oreiller ou coussin pour d’éventuelles positions plus confortables. Mais tout se passe bien, et sans médicaments.

Jeudi 5 juin (12 jours)

J’ai ma première session de physio, un peu inutile, juste pour tester les limites des mouvements de mon épaule.

Vendredi 6 juin (13 jours)

Seconde séance de physio.

Dimanche 8 juin (15 jours)

N’ayant pas encore déménagé, je passe le week-end à Genève. Je mets mon attelle de moins en moins souvent.

Mardi 10 juin (17 jours)

J’ai rendez-vous aux HUG pour enlever les fils. Je dois garder un pansement encore 2 jours.

Mercredi 11 juin (18 jours)

De retour à Zurich pour une séance de physio un peu plus active: monter/descendre le bras sans poids, massage des pectoraux avec une balle de tennis contre un mur… Pour l’instant, je trouve que les 3 séances que j’ai eues, j’aurais pu les faire chez moi.

Jeudi 12 juin (19 jours)

Je n’ai plus besoin de pansement.

Vendredi 13 juin (20 jours)

Je décide d’arrêter de porter l’attelle, sauf demain au déménagement pour m’empêcher d’utiliser mon bras.

Samedi 14 juin (21 jours)

Avec l’aide de Michael, Alex et Damien, je déménage de Genève à Zurich. J’ai pas eu de douleurs malgré le fait que j’ai aidé plus que je ne l’aurais dû. Merci les copains!

Déménagement Genève—Zurich
Déménagement Genève—Zurich

Le soir, on s’est baladé un peu à vélo, moi compris, sur mon vélo de DH.

Dimanche 15 juin (22 jours)

J’utilise mon bras quasi normalement (sans charge).

Mardi 17 juin (24 jours)

Le matin, j’ai quelques douleurs peut-être dues à un faux mouvement pendant mon sommeil. Le physio me masse un peu l’omoplate, et me fait accessoirement craquer toutes les vertèbres.

Samedi 21 juin (28 jours)

C’est la première fois que je dors sur le ventre.

Lundi 23 juin (30 jours)

Je me suis déplacé à vélo avec un sac à dos peu chargé.

Jeudi 26 juin (33 jours)

Le soir, je suis monté par curiosité sur le Uetliberg avec mon singlespeed rigide de ville et redescendu très lentement par la piste de freeride. C’était une idée très stupide, mais c’est ce petit tour improvisé qui m’a motivé à reprendre le VTT de randonnée/enduro.

Mardi 1 juillet (38 jours)

Je reprends le fitness chez Exersuisse.

Mardi 15 juillet (52 jours)

Je vais faire des radios à Sihlcity pour vérifier la reconstruction osseuse.

Mardi 12 août (80 jours)

J’ai un check chez l’ostéo. Tout est ok.

Les exercices que le physio m’a pour l’instant fait faire sont:

En décembre 2015, soit 1.5 année après l’accident, j’ai contacté le Dr. Magyar d’Orthopädie Zürich pour enlever la plaque de métal. J’ai d’abord un rendez-vous pour faire des radios.

Radio avant l’opération de dérobotisation
Radio avant l’opération de dérobotisation

15 décembre 2015 (1.6 ans)

J’entre au See Spital Kilchberg à 8h45, directement en salle de réveil. L’opération est annoncée pour 11h30. A 10h30, c’est le départ pour le bloc, sans avoir signé la décharge pour l’anesthésie. Au final je la signerai allongé dans la salle d’opération, juste avant qu’ils commencent l’injection. C’est la première fois que j’ai les jambes sanglées. Ou en tout cas, c’est la première fois qu’on me les attache alors que je suis encore réveillé. L’infirmière avait raté l’intraveineuse dans la main, ce qui est une première aussi, puisque d’habitude on me fait des compliments pour mes grosses veines moches parce qu’elles sont faciles à choper. Juste avant l’opération je suis assez crispé parce que j’ai un soudain besoin d’aller pisser. J’avoue que je suis un peu stressé, probablement le plus stressé de toutes mes opérations. C’est aussi la première fois que je fais une opération plus ou moins optionnelle.

Après l’opération, en chambre de réveil, je me fais sans arrêt réveiller par l’ECG qui bipe quand il descend en dessous de 40 bpm, ce qui est normal chez moi.

Vers 14h je suis en chambre. Je fais mon pipi d’avant l’opération, je bouffe. J’ai aucune douleur, aucune nausée.

16 décembre (1 jour)

Je glande dans ma chambre d’hôpital jusqu’à 16h45. Le doc débarque avec un «mais qu’est-ce que vous faites encore là?». Et il a l’air sérieux en plus! On m’a jamais dit que je pouvais décider moi-même de rentrer. Mon pansement n’a jamais été changé. On me file pour 4 jours de médoc. J’étais tellement content de partir que j’ai oublié de demander si j’avais un arrêt de travail. Le doc était étonné aussi que je n’aie pas de rendez-vous post-opératoire dans son cabinet.

On m’a gracieusement offert la quincaillerie qui était vissée sur ma clavicule.

Chirurgie = bricolage
Chirurgie = bricolage

Je vais directement (en train) de l’hôpital à la Christmas Party de Doodle. Un collègue a l’idée de génie de me saluer par surprise par derrière avec un massage de l’épaule… Touche pas à mon épaule! :-S

17 décembre (2 jours)

De retour au boulot. J’ai pas pris de médoc sauf 1 Irfen3 le soir au lieu de 1 Irfen + 1 Dafalgan matin/midi/soir.

18 décembre (3 jours)

Je prends 1 Irfen le soir, et je change le pansement. Ma cicatrice saigne un peu entre 2 agrafes. A l’hôpital je n’avais même pas remarqué que sous mon pansement j’avais des agrafes et pas des points. J’étais vraiment à la masse.

21 décembre (6 jours)

Selon le chirurgien, une suture à l’agrafe cicatrise mieux…
Selon le chirurgien, une suture à l’agrafe cicatrise mieux…

27 décembre (12 jours)

Tout est ok: je dors bien, mes mouvements sont quasi normaux. J’ai fait un tour en VTT en me limitant essentiellement aux chemins forestiers. En soit, ça reste stupide puisqu’une chute sur l’épaule aurait des conséquences sympa.

17 janvier 2016 (33 jours)

Encore des restes de fils sous-cutanés?
Encore des restes de fils sous-cutanés?

21 février (67 jours)

C’est ma première session de BMX post-opératoire, au pump track de Sihlcity.

Je me tire plutôt bien de cette aventure en 2 épisodes puisque je n’ai aucune séquelle. Je m’en serais évidemment bien passé, d’autant plus quand je pense à la cause de toute cette histoire, et à ce que ça coûte également.

  1. Tramadol, opioïde, anti-douleur

  2. Paracétamol, anti-douleur

  3. Ibuprofène, anti-inflammatoire